L’ardoisière de Linglé en 1903.

Depuis des siècles, plusieurs carrières se sont installées le long du ruisseau d’Aise entre Saint-Médard et Mortehan. D’amont en aval, on trouve dans la vallée d’Aise : les ardoisières du Petit Babinay, du Grand Babinay, de la Morépire, des Prigeais et des Anciennes Carrières, de la Maljoyeuse, des Collards, de la Goutelle Husson, de Wilbauroche et de Linglé.

Sur la carte no 162 de l’atlas de Ferraris de 1777 est déjà indiqué « Carrières d’Ardoises » à côté du « Moulin de Herbeumont » (disparu depuis). Il s’agit des ardoisières de la Maljoyeuse, des Prigeais et des Anciennes Carrières. La deuxième moitié du 19e siècle marque l’apogée de l’exploitation de l’ardoise dans la vallée que nos remonterons ici d’aval en amont.

NB : suivant les sources, plusieurs noms que vous retrouverez ici ont des orthographes multiples, comme « Morépire » – contraction des mots patois « mores » qui signifie noir et « pire » qui signifie pierre. On retrouvera les orthographes Morépire, Maurépire, Morépirre, Moraipire, les deux premières étant les plus usitées. De même, on parlera des Prigeais ou le l’ardoisière du Prigeai, à l’instar de Wilbauroche ou Wilboroche, de Linglay ou de Linglé.

Les ardoisières de la vallée de l’Aise

Sources : Vincent Anciaux, Anne Remacle
La région ardoisière au nord d’Herbeumont.

La région de Bertrix fut un des importants secteurs géographiques de Belgique où on a extrait l’ardoise. Les exploitations se répartissent majoritairement dans deux fonds de vallées, la vallée d’Aise et la vallée des Aleines. Une des plus anciennes exploitations connues serait celle de la Maljoyeuse dont on fait remonter les traces au XIIIe ou XIVe siècle. Vient ensuite l’ardoisière de la Géripont. Mais il est difficile de retracer l’histoire de ce bassin avant le XVIIIe siècle.

La région va connaître son âge d’or au cours du XIXe siècle, avant d’entamer un lent déclin à partir des années 1880. Les sociétés les plus importantes se maintiennent au cours du XXe siècle. Le domaine de la Morépire est le dernier à cesser son activité extractive en 1976. Son ancien réseau souterrain est aujourd’hui ouvert à la visite sous l’appellation au cœur de l’ardoise. À proximité, l’ancienne ardoisière du Grand Babinay est exploitée sous la forme d’une carrière à ciel ouvert, la société des ardoisières d’Herbeumont.

L’ardoisière le Linglé en 1903.
Extraction de l’ardoise à Maurépire – 1953 (extrait du film du Musée de la Vie wallonne).

Bertrix – Herbeumont, vallée d’ardoisières

Le ruisseau de l’Aise est un affluent de la Semois. Il la rejoint sur ce qui était autrefois la commune de Linglé. Cette vallée fut un important siège d’extraction de l’ardoise qui s’étend depuis ce point jusqu’aux environs de Bertrimont. C’est aussi pourquoi on désigne la vallée d’Aise sous le nom de vallée des ardoisières.

Plusieurs exploitations se succèdent en effet sur une distance de 5 à 6 kilomètres : Linglé, Wilbauroche, Goutelle Husson, Maljoyeuse, les Prigeais et ses 16 concessions, le domaine de la Morépire (ouvert au public), le Petit et le Grand Babinay. Les sites de Maljoyeuse et des Prigeais paraissent être les plus anciens. Le déploiement s’intensifie dans la seconde moitié du XIXe siècle avant de ralentir à l’aube du XXe siècle.

La construction de la voie de chemin de fer Bertrix-Muno-Carignan n’influera pas sur cet infléchissement. Ainsi, Wilbauroche et la Gouettelle Husson cessent leurs activités vers 1910, Linglé en 1929. L’ardoisière du Petit Babinay fermera en 1935, le Grand Babinay en 1956 et la Morépire en 1977. Cette dernière sera aménagée pour l’ouverture au public en 1997. L’année suivante, l’exploitation, sous forme de carrière à ciel ouvert, sera reprise sur le site du Grand Babinay. Le site est maintenant connu sous la dénomination des Carrières d’Herbeumont.

Vue satellite du relief de la vallée de l’Aise et de ses environs. Outre l’empreinte laissée par la construction du chemin de fer, les sites ardoisiers sont bien visibles et indiquent l’étendue de l’exploitation ainsi que les modifications qu’elles ont apportées au relief de la vallée.

L’ardoisière de Linglé

Située sur le versant droit de la vallée du ruisseau d’Aise et versant gauche de la vallée de la Semois, la vaste ardoisière de Linglé (ou Linglay) fut établie en 1869 dans le relief dénommé Cul du Mont, depuis le niveau du ruisseau d’Aise et de la Semois jusqu’à une altitude voisine de 350m. Comme on peut le constater sur des photographies anciennes, le site est important. Il subsiste de cette ardoisière qui cessa ses activités en 1929 quelques infrastructures résiduelles, dont un bâtiment qui servait de salle des machines.

L’ardoisière de Linglé en 1903. De longues rangées d’ardoises de couverture sont préparées pour le transport. Les galeries souterraines ne descendaient jamais sous le niveau de la Semois. Linglé fut exploitée successivement par Bonardeau de Bouillon, Mme Louis Pierlot puis Auguste Pierlot, qui en assura l’exploitation jusqu’à sa fermeture en 1929.
Les ouvriers au travail dans un des ateliers de l’ardoisière de Linglé en 1906. En 1911, on dénombrait environ 80 ouvriers, dont 6 jeunes de 13 à 16 ans.
L’ardoisière de Linglé vers 1922. La tour a fait place à l’imposante salle des machines.
Vue panoramique de Linglé et de son ardoisière au début du 20e siècle. L’étendue du site qui domine la vallée de la Semois est impressionnante et témoigne de la modification des reliefs sur les sites exploités.
En haut à droite de l’image, on aperçoit l’ardoisière de la Fortelle le long de la Semois.
Vue de l’ardoisière de Linglé en 1933.
Ruines de la salle des machines de l’ardoisière de Linglé en 2005, seul vestige encore bien apparent du long alignement d’infrastructures visible sur des photographies anciennes. Photo : Annie Remacle
La salle des machines à l’arrière-plan et une ruine à l’intérieur de laquelle s’ouvre un vaste plan incliné correspondant à l’entrée principale du réseau souterrain de l’ardoisière de Linglé.
Photo : Aurélie Theys, 2022
Niche qui abritait la statue de Sainte-Barbe, la patronne des mineurs.
Photo : Aurélie Theys, 2022

Les anciennes ardoisières de Wilbauroche et de la Goutelle Husson
(Nouvelles Carrières)

Le terme ardoisières de Wilbauroche regroupe ici plusieurs exploitations : Goutelle Husson et Wilbauroche. Outre les exploitations, on trouve aussi plusieurs aménagements pour canaliser la rivière.

La lecture du terrain sur l’ancien site de Wibauroche est assez compliquée avec sa reconversion en scierie d’une part et le passage de la voie ferrée à proximité dont les aqueducs enterrés collectent une partie des eaux des ruisseaux environnants.

Wilbauroche

Ce centre ardoisier est établi au sud de la route des Ardoisières, entre le km 11 vers l’est et le pont du chemin de fer (pont de Wilbauroche) vers l’ouest. Le site est traversé d’est en ouest par le ruisseau d’Aise, dont le cours était en grande partie souterrain, et est voisin de l’ardoisière de la Goutelle Husson, située à une centaine de mètres, plus à l’est. Une partie des « Nouvelles Carrières »a subi de grands bouleversements lors de la construction du chemin de fer entre 1904 et 1914 ; toutes les ouvertures ont été comblées à cette époque. Le site correspond à l’ensemble des fosses ouvertes dans la Côte de Wilbauroche, échelonnées sur une distance de près de 350 m.

Le site ds ardoisières de Wilbauroche avant la construction du chemin de fer, transformé en scierie.
Wilbauroche avant le chemin de fer : c’est dans ce secteur que se trouvaient jadis l’économat des ardoisières (démoli en 1955) et une scierie.
Les ardoisières de Wilbauroche : dans un aqueduc qui canalise le ruisseau d’Aise. Photo : Vincent Anciaux.
Les ardoisières de Wilbauroche : dans un aqueduc qui canalise le ruisseau d’Aise. Photo : Vincent Anciaux.
Le ruisseau d’Aise à l’air libre à Wilbauroche (2024).
Ardoisière de Wilbauroche en 1960 : quelques ruines subsistent, 50 ans après la fermeture.
Vue aérienne du site des ardoisières de Wilbauroche (à gauche) et de la Goutelle Husson (à droite) en 1972. En 1841, deux des fosses des ardoisières de Wilbauroche produisaient 100 000 ardoises par an.
Vestiges de l’économat des ardoisières, à Wilbauroche (2022).
Photo : Aurélie Theys
Galerie d’exploitation (2024). En 1849, les travaux atteignaient 25 m de profondeur sous le niveau du ruisseau d’Aise. Les Nouvelles Carrières sont abandonnées depuis 1909.
Entrée de la poudrière des ardoisières de Wilbauroche (2022).
Photo : Aurélie Theys
À l’intérieur de la poudrière (2024). Cette grande poudrière est encore en bon état; elle fut édifiée hors sol puis fut partiellement enterrée.
La Goutelle Husson

Cette ardoisière, dont l’exploitation se situe entre 1837 et 1909 ou 1919 selon les sources, est intégrée dans la forêt domaniale d’Herbeumont et située à une centaine de mètres de l’extrémité orientale du site de Wilbauroche.

Le site est traversé par un sentier. Au sud du sentier se trouve une partie boisée où s’ouvre, au pied d’un banc rocheux, l’entrée d’une fosse à deux galeries, précédée d’un accès en creux long d’une trentaine de mètres, où quelques lambeaux de murs de soutènement deviennent subsistent. La galerie de gauche (entrée triangulaire) s’enfonce horizontalement, tandis que celle de droite (entrée rectangulaire) est inondée et montre une poutre en bois et plusieurs barres de fer. Les murs édifiés jadis au niveau de cette double entrée sont visibles sur une photographie de 1905 (ci-dessous), ont presque complètement disparu.

Extraction de l’ardoise à dos d’homme, à la sortie de l’ardoisière de la Goutelle Husson (Herbeumont-Bertrix) en 1905.
Au même endroit en 2024.
Ardoisière de la Goutelle Husson : un groupe d’ouvriers en 1905.
Une chambre d’exploitation de la Goutelle Husson. Photo : Vincent Anciaux.
Ardoisière de la Goutelle Husson : une galerie horizontale qui mène à une chambre d’exploitation. Autrefois, cette galerie était ferrée, comme le relief du sol le trahit. Photo : Vincent Anciaux.
Ardoisière de la Goutelle Husson : niche qui servait au stockage des explosifs. Photo : Vincent Anciaux.

La carrière de la Maljoyeuse

Le site de la Maljoyeuse est une ancienne ardoisière à ciel ouvert, la seule de la région d’ailleurs. Toutefois, on trouve malgré tout des sondages souterrains dans sa proximité. La route qui conduit de Mortehan au Domaine de la Morépire coupe le site en deux parties. On retrouve en effet, le long du ruisseau, plusieurs aménagements qui donnent à penser qu’on y avait prévu des aires pour stocker la pierre.

Les premières traces d’exploitation dans ce secteur remontent entre les 13e et 14e siècles. Mais la partie visible aujourd’hui remonte aux années 1840 et postérieures. L’eau qui envahissait le fond de la carrière, devenue aujourd’hui un étang, était évacuée par une pompe à bras.

La carrière de la Maljoyeuse vue depuis la route, en 1885.
L’ardoisière à ciel ouvert de la Maljoyeuse, en 1885.
Les ateliers de la Maljoyeuse. Après la découpe des blocs, le transport des ardoises était assuré par un attelage en 1885. 
L’ardoisière de La Maljoyeuse en activité au tout début du 20e siècle. La carrière de la Majoyeuse a été condamnée par la construction du chemin de fer. L’étang de la carrière est toujours là 100 ans plus tard. (Duparque)
La carrière à ciel ouvert de la Maljoyeuse, comme on peut la voir aujourd’hui.
L’ardoisière de La Maljoyeuse en 1912 lors des travaux de construction du chemin de fer.
Démarrage d’exploitation aux abords de la carrière de la Maljoyeuse. Photo : Aurélie Theys

L’ancienne ardoisière des Collards

Cette ancienne concession s’étend le long d’un affluent de l’Aise. Plusieurs fondations de bâtiments sont visibles en plusieurs endroits, dont un ancien aqueduc.

Ce site ardoisier a connu plusieurs périodes d’exploitation, dont on peut se rendre compte dans les éléments encore visibles, et potentiellement dangereux. La bibliographie situe la période d’exploitation entre 1830 et 1886 (ou 1889). La première irait de 1830 à 1845 environ et la seconde après 1877. 1877 est l’année à laquelle on relève une autorisation faite à Pierlot et Heynen d’ériger dix baraques.

Vestiges d’ateliers de l’ancienne ardoisière des Collards. Photo : Vincent Anciaux
Ancienne ardoisière des Collards : escalier menant à une chambrée. Photo : Vincent Anciaux
La taille de l’ardoise au tout début du 20e siècle.
Ardoisière des Collards : au milieu de cet ancien atelier, la nature reprend ses droits.
Photo : Aurélie Theys
Entrée d’une galerie d’expoitation. Photo : Aurélie Theys

L’ardoisière des Prigeais (Anciennes Carrières)

Le site ardoisier des Prigeais réunit pas moins de 16 anciennes petites concessions. Leur origine remonte au 18e siècle et elles ont petit à petit été réunies au sein d’un même ensemble. Cette structuration s’est faite sous l’impulsion de la famille Pierlot à partir de 1837. Le site sera exploité jusqu’en 1922.

Le site s’est déployé sur plus de 550 mètres le long de la vallée d’Aise dont le cours a été profondément remanié en fonction des besoins et de l’extension des exploitations. On y a déployé des moulins pour l’exhaure ainsi que plusieurs retenues d’eau dont des vestiges sont encore visibles.

Plusieurs fronts de taille sont encore visibles, bien qu’en voie d’effondrements. À plusieurs endroits, on peut en effet observer des attaques de la roche de formes trapézoïdales qui, au fil du temps, ont pu devenir souterraines. À ces ensembles sont associés des réseaux exclusivement souterrains.

Ancienne vue de l’ardoisière des Prigeais (Anciennes Carrières), rue des Ardoisières (direction Bertrix).
Les ardoisières des Prigeais (Anciennes Carrières) en 1905 : un groupe d’ouvriers.
L’ardoisière des Prigeais (Anciennes Carrières) : un coin du chantier.
Extraction de l’ardoise à dos d’homme. (extrait du film du Musée de la Vie wallonne)
Entrée d’une chambre de l’ardoisière des Prigeais. Photo : Vincent Anciaux
Aujourd’hui, on peut encore voir la chapelle Sainte-Barbe édifiée en 1894 qui domine une des entrées de l’ardoisière des Prigeais. Photo : Vincent Anciaux

Les ardoisières de la Maurépire

Aussi appelée Morépire, cette ardoisière, qui est la dernière de la vallée d’Aise à avoir fermé (en 1977), est aménagée depuis 1997 pour accueillir le public (‘Au Cœur de l’Ardoise’). Elle comprend en surface deux parties contiguës : à l’est les infrastructures destinées à l’accueil des touristes et à l’ouest un grand verdou en partie exploité dans les années 1970.

Les traces d’exploitation les plus anciennes à l’ardoisière de la Morépire, dont le nom vient du patois « pierre noire » pourraient remonter à 1836. Néanmoins, son essor réel commence en 1889 avec la société L. et A. Pierlot. Les premières chambres sont établies à partir d’une ancienne galerie horizontale. Aux premiers accès souterrains, a priori rudimentaires, succède le percement d’un plan incliné. L’ardoisière se déploie sur trois niveaux : 25, 45 et 60 mètres.

En 1973, l’ardoisière de la Morépire fusionne avec les ardoisières de Martelange (ardoisière Donner) et de Warmifontaine. La société qui regroupe ces trois exploitations prend le nom de société Inarbel. La pierre qu’on extraira ne sera plus transformée sur place, mais à Warmifontaine.

La société ferme le site de l’ardoisière de la Morépire en 1976. La fermeture, annoncée comme provisoire, devient définitive quelques mois plus tard avec le démontage des pompes d’exhaure (pompage des eaux) puis la destruction d’une partie des bâtiments.

Enquête du Musée de la Vie wallonne consacrée à l’exploitation de la carrière souterraine d’ardoise Maurépire, à Herbeumont en 1953 (film 8000162, muet). © Musée de la Vie wallonne

« Au cœur de l’ardoise »

Au cœur de l’ardoise : dans l’ardoisière Maurépire, 1 km de galeries à 25 mètres sous terre, des salles de 8000 m3 ouvertes à l’explosif, des vestiges rares de l’industrie ardoisière (rails, wagonnets, outils…). Photo : Syndicat d’initiative de Bertrix
L’ardoisière de la Morépire (pierre sombre en wallon) à Bertrix vous emmène dans les profondeurs de l’Ardenne à la découverte du travail des scailtons, les mineurs d’ardoises.
Exploitée de manière industrielle de 1889 à 1976, cette ardoisière permet de comprendre les techniques d’extraction et la spécificité du bassin ardoisier de la vallée de l’Aise où les ardoisières existent depuis le 14e siècle. Très conviviale, cette plongée dans les souterrains se fait à votre propre rythme grâce à des bornes d’audioguidage (français, néerlandais et wallon) qui permettent des départs permanents et une visite autonome pour toute la famille.
> www.aucoeurdelardoise.be
En 1946, pas moins de 108 ouvriers y travaillaient. Les chambres d’exploitation étaient atteintes par un plan incliné d’environ 40° creusé dans le mur de la couche. Les étages exploités comportaient 10 chambres réparties sur diverses profondeurs. Photo : extrait du film du Musée de la Vie wallonne.
Vue générale des ardoisières de la Morépire vers 1910.
Le 3 mars 1902, le personnel est en grève.
Vue depuis les ardoisières de la Morépire vers la route de Bertrix, avant la construction du premier pont de La Blanche.
Le personnel de l’ardoisière de la Maurépire.
1910. Fin de journée, travail accompli. Pour les scaillons, bientôt l’heure d’aller fêter la fin de la journée dans un des multiples troquets qui ne manquaient pas tout le long de la vallée de l’Aise.
Canal alimentant l’ardoisière de la Morépire avant la construction du viaduc ferroviaire, vers 1905.
L’ardoisière de la Maurépire vers 1910.
Déchargée du wagonnet, l’ardoise est acheminée vers l’atelier à dos d’homme (extrait du film du Musée de la Vie wallonne).
L’ardoise entre à l’atelier. À l’arrière-plan, on distingue le viaduc ferroviaire de la Maurépire, aussi dit Pont de la Blanche. (extrait du film du Musée de la Vie wallonne).
L’ardoisière de la Morépire en 1953 : évacuation des déchets (extrait du film du Musée de la Vie wallonne).
Le site de la Morépire, vers 1965.
Acheminement d’un bloc par câble en sous-sol vers 1965.
L’ardoisière de la Morépire vers 1965 : les ardoises sont façonnées à la main.

L’ardoisière du Grand Babinay

Cette ardoisière, située sur le territoire de la commune de Saint-Médard (act. Herbeumont), a été ouverte vers 1884. Il existe un puits profond de 100m, creusé suivant l’inclinaison et dans le mur de la couche. L’exploitation comporte une douzaine de chambres réparties sur 3 étages. Les chambres ont en moyenne 30 m de longueur sur 18 à 20 m de hauteur.

L’ardoisière est ouverte en 1884 par un allemand nommé Scherke. En 1909, la demoiselle Léontine Pierlot reprend ce chantier seule. De 1920 à 1938, Auguste Pierlot en prit la direction. Puis il y eut un arrêt de 1938 à 1940. La direction est ensuite confiée à Alphonse Waucque de Bruxelles en 1940 et 1941. Puis un nouvel arrêt jusqu’en 1946. À partir de 1946 et jusqu’à la fermeture en 1956, Hubert Pierlot reprend la succession. Notons qu’en 1929, 89 ouvriers y travaillaient. Ce chantier est à nouveau exploité par Benoît Pierlot, depuis 1999, mais à ciel ouvert. (source : Lautenbach)

Extraction à dos d’homme.
Sur ce cliché, quelques fendeurs travaillent en atelier de surface. En 1929, 89 ouvriers y travaillaient.
L’ancienne ardoisière du Grand Babinay est exploitée aujourd’hui sous la forme d’une carrière à ciel ouvert, la société des ardoisières d’Herbeumont.
Le site du Grand Babinay en 2001. Quelques anciens bâtiments en ruine subsistent le long de la route. Photo : Annie Remacle
Sur le site du Grand Babinay, cet ancien atelier a été reconverti en maison d’habitation.

L’ardoisière du Petit Babinay

Cette ardoisière fut créée en 1876 et ferma en 1935.

L’ancien site ardoisier s’étend sur près de 250 m, parallèlement au ruisseau de Moraipire, affluent de l’Aise. Il comprend notamment un replat arboré où se dresse une cheminée, avec, à proximité immédiate, une entrée de fosse murée (présence d’une petite brèche), une zone en friche, un terre-plein riche en fleurs et en papillons de jour. Le verdou de cette ardoisière est allongé parallèlement au ruisseau et présente par endroits une hauteur de 12-15 m et même plus ; il a été exploité en différents points.

L’entrée du puits d’exploitation du Petit Babinay vers 1902.
Témoin d’une activité industrielle qui fut importante dans cette partie de l’Ardenne, c’est dans cette ardoisière que subsiste la dernière cheminée encore debout, avec celle de l’ardoisière Donner à Martelange. Photo : Annie Remacle (2001)
L’ardoisière du Petit Babinay avec sa cheminée, au début du 20e siècle.
Vue générale des ateliers du Petit Babinay. L’ardoisière restera en activité jusqu’en 1935.
Le site du Petit Babinay en 2020, vu depuis la route. Les verdous sont envahis par la végétation.
Suite à l’altération de l’aqueduc (ici en 2002 – aujourd’hui disparu) passant sous le chemin à l’extrémité ouest du site, d’importants travaux ont été effectués: le ruisseau circule maintenant à l’air libre et le tronçon du chemin n’existe plus. Photo Annie Remacle
Sources, crédits et remerciements :

Vincent Anciaux, Annie Remacle, Louis Lenzen, Aurélie Theys, E. Asselberghs, Luc Selleslagh, F-R Lejeune, Trekkings.be, Tinel, Christian Fièvé, Erwin van Havermaet, Marc Plainchamp, Yvon Jusseret, JC Delhez, Patrick Thys, Le Musée de la Vie Wallonne, Delcampe, Éditions L. Duparque, Éditions Iris, Champ le Monde, railations.net, Geneanet, Syndicat d'initiative de Bertrix, Google Maps, Itinéraires Wallonie (balnam.be), Rail.lu, SNCB, TVLux, Altitude 120, 1914-18.be, Au cœur de l'ardoise, Ardoisières d'Herbeumont, Lautenbach, Portail de la biodiversité en Wallonie, Portail de la Wallonie, Archives de Wallonie, Nels, Cim.

Malgré nos recherches, certaines sources iconographiques n'ont pas pu être identifiées.